Véhicule de société pour micro-entrepreneur : ce qui est possible (et ce qui ne l’est pas)

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Véhicule de société pour micro-entrepreneur : ce qui est possible (et ce qui ne l’est pas)

TL;DR – En micro-entreprise, vous ne pouvez pas inscrire un véhicule à l’actif ni déduire des charges au réel. Deux options existent : les frais kilométriques (simples, sans comptabilité) ou le passage au régime réel (plus de déductions, plus de contraintes). La TVA reste non récupérable dans les deux cas tant que vous êtes en franchise. Lisez ce guide pour choisir la bonne stratégie selon votre activité.

Micro-entrepreneur et véhicule : le cadre fiscal spécifique

Le régime micro-entrepreneur est conçu pour simplifier. Mais cette simplicité a un prix : vous ne tenez pas de bilan comptable. Pas de bilan = pas d’actif. Vous ne pouvez donc pas inscrire un véhicule au patrimoine de votre entreprise comme le ferait une SARL ou une SASU. Ce que ça change concrètement :
  • Pas d’amortissement déductible sur le véhicule
  • Pas de déduction des charges réelles (carburant, assurance, entretien) en complément de l’abattement forfaitaire
  • Pas de récupération de TVA – vous êtes en franchise en base de TVA, vous ne la collectez pas et ne la récupérez pas
L’abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 % selon l’activité) est censé couvrir l’ensemble de vos charges, y compris celles liées à votre véhicule. C’est le principe du régime micro-social et fiscal. Une SARL ou une SASU peut, elle, inscrire le véhicule à l’actif, l’amortir sur 5 ans, déduire les charges réelles et récupérer la TVA sur un utilitaire. Ce n’est pas votre cas en micro.

Option 1 – Les frais kilométriques : simple et sans comptabilité

C’est la solution la plus utilisée par les micro-entrepreneurs. Vous ne déduisez rien fiscalement – mais vous pouvez refacturer vos frais de déplacement à vos clients en vous appuyant sur le barème officiel.

Le barème kilométrique 2026 (voitures)

Le barème est publié par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP). Il est inchangé par rapport à 2025 (arrêté du 27 mars 2024 toujours en vigueur).
Puissance fiscale Jusqu’à 5 000 km De 5 001 à 20 000 km Au-delà de 20 000 km
3 CV et moins d × 0,529 € (d × 0,316) + 1 065 € d × 0,370 €
4 CV d × 0,606 € (d × 0,340) + 1 330 € d × 0,407 €
5 CV d × 0,636 € (d × 0,357) + 1 395 € d × 0,427 €
6 CV d × 0,665 € (d × 0,374) + 1 457 € d × 0,447 €
7 CV et plus d × 0,697 € (d × 0,394) + 1 515 € d × 0,470 €
d = distance professionnelle annuelle en km. Le barème varie selon la puissance fiscale (CV) indiquée sur la carte grise. Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 %. Exemple concret : Vous avez une voiture 5 CV et parcourez 8 000 km professionnels dans l’année. Calcul : (8 000 × 0,357) + 1 395 = 4 251 € de frais de déplacement refacturables à vos clients.

Pour qui c’est optimal ?

  • Vous faites moins de 15 000 km professionnels par an
  • Votre activité est orientée services ou conseil
  • Vous ne voulez pas de comptabilité complexe
  • Vous refacturez vos déplacements à vos clients

Option 2 – La déduction réelle des charges

Vous pouvez opter pour le régime réel d’imposition à tout moment, sur demande, ou automatiquement si votre chiffre d’affaires dépasse les seuils pendant deux années consécutives. Seuils 2026 :
  • Vente de marchandises / hébergement : 203 100 € de CA HT
  • Prestations de services / professions libérales : 83 600 € de CA HT
Au régime réel, vous pouvez déduire les charges liées à votre véhicule :
  • Carburant (au prorata de l’usage professionnel)
  • Assurance (part professionnelle)
  • Entretien et réparations
  • Amortissement du véhicule (si inscrit à l’actif)
  • Intérêts d’emprunt (au prorata)
⚠️ Attention : passer au régime réel implique une comptabilité plus rigoureuse. Vous devrez conserver toutes vos factures, tenir un journal de bord des déplacements et déposer une déclaration de résultat. Le recours à un expert-comptable devient souvent indispensable.

Frais kilométriques vs déduction réelle : le tableau comparatif

Critère Frais kilométriques Déduction réelle
Km annuels Optimal < 15 000 km Intéressant > 15 000 km
Type de véhicule Voiture personnelle Véhicule pro inscrit à l’actif
Complexité comptable Nulle Élevée
Justificatifs Journal de bord des trajets Toutes les factures
TVA récupérable Non Non (franchise) / Oui si assujetti
Avantage fiscal Indirect (refacturation client) Direct (déduction du résultat)
Régime compatible Micro uniquement Régime réel obligatoire

Financer un véhicule en micro-entreprise

L’achat véhicule micro-entreprise ne bénéficie d’aucun avantage fiscal spécifique. Mais vous pouvez tout de même financer votre voiture micro-entrepreneur de plusieurs façons.

Achat comptant

Vous achetez le véhicule avec vos fonds personnels. Aucune déduction possible en micro. Mais vous êtes propriétaire, sans engagement mensuel.

Crédit auto

Un micro-entrepreneur peut souscrire un crédit auto à titre personnel. Les banques examineront votre chiffre d’affaires et votre ancienneté. Les intérêts ne sont pas déductibles en régime micro.

Leasing (LOA / LLD)

Le leasing est accessible aux micro-entrepreneurs, mais les conditions sont plus restrictives qu’en société. Avantage : les loyers peuvent être refacturés à vos clients comme frais de déplacement. Inconvénient : vous ne pouvez pas déduire les loyers de votre résultat en régime micro.
Pour aller plus loin sur les modes de financement, consultez notre guide complet sur le financement véhicule de société.

Micro-entrepreneur : utilitaire ou voiture de tourisme ?

La question se pose souvent. Voici les différences clés dans le contexte micro-entreprise.

Voiture de tourisme

  • Barème kilométrique applicable selon la puissance fiscale
  • TVA non récupérable (franchise en base)
  • Usage mixte (personnel + professionnel) courant

Véhicule utilitaire

  • Barème kilométrique applicable (selon la puissance fiscale de la carte grise)
  • TVA non récupérable en micro (franchise en base) – contrairement aux sociétés assujetties
  • Avantage : image professionnelle, capacité de charge, usage exclusivement professionnel plus crédible
Dans les deux cas en micro-entreprise : la TVA n’est ni collectée ni récupérable. La différence fiscale entre utilitaire et tourisme est donc moins marquée qu’en SARL ou SASU. Le choix dépend avant tout de votre activité (livraison, artisanat → utilitaire ; conseil, services → voiture de tourisme).
Comparez les coûts réels selon le type de véhicule dans notre article sur le coût réel d’une voiture de société pour l’employeur.

Conseil WePerform : optimiser selon votre activité

Il n’existe pas de réponse universelle. Voici notre grille de lecture rapide. Vous faites du transport, de la livraison ou de l’artisanat :
  • Kilométrage élevé → envisagez le régime réel
  • Véhicule utilitaire à usage exclusivement professionnel
  • La déduction réelle sera plus avantageuse dès 15 000 km/an
Vous êtes dans les services, le conseil ou les professions libérales :
  • Frais kilométriques suffisants dans la plupart des cas
  • Refacturez vos déplacements à vos clients sur la base du barème DGFiP
  • Restez en régime micro tant que votre CA le permet
Vous cherchez le bon véhicule au meilleur prix :
  • WePerform accompagne les PME et les indépendants dans le sourcing véhicule
  • Accès aux conditions négociées des grands comptes
  • Conseil sur le mode de financement adapté à votre statut
Découvrez comment nous accompagnons l’achat véhicule de société pour les structures de toutes tailles.

FAQ – Achat véhicule micro-entreprise

Un micro-entrepreneur peut-il acheter une voiture de société ?

Non, au sens strict. En micro-entreprise, il n’y a pas de patrimoine professionnel distinct. Vous ne pouvez pas inscrire un véhicule à l’actif de votre entreprise. Vous achetez le véhicule à titre personnel et l’utilisez pour votre activité professionnelle. La notion de « voiture de société » est réservée aux structures dotées d’une personnalité morale (SARL, SAS, etc.) ou aux entreprises individuelles au régime réel.

Peut-on récupérer la TVA en micro-entreprise ?

Non. En franchise en base de TVA, vous ne collectez pas la TVA sur vos ventes et vous ne la récupérez pas sur vos achats – y compris l’achat d’un véhicule. Cette règle s’applique aussi bien à une voiture de tourisme qu’à un utilitaire. La récupération de TVA n’est possible que si vous sortez de la franchise et devenez redevable de la TVA (passage au régime réel).

Quel barème kilométrique en 2026 pour un micro-entrepreneur ?

Le barème 2026 est inchangé par rapport à 2025. Pour une voiture de 5 CV : 0,636 €/km jusqu’à 5 000 km, puis (d × 0,357) + 1 395 € de 5 001 à 20 000 km, et 0,427 €/km au-delà. Le barème varie selon la puissance fiscale du véhicule (de 3 CV à 7 CV et plus). Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 %. En micro-entreprise, ce barème sert principalement à refacturer les frais de déplacement à vos clients, pas à déduire des charges de votre résultat.

Vaut-il mieux passer au régime réel pour déduire sa voiture ?

Ça dépend de votre situation. Le régime réel permet de déduire les charges réelles liées au véhicule (carburant, assurance, entretien, amortissement). Mais il impose une comptabilité rigoureuse et souvent un expert-comptable. Le gain fiscal est significatif si vous faites plus de 15 000 km professionnels par an ou si vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire du régime micro. Dans les autres cas, les frais kilométriques restent la solution la plus simple et souvent la plus rentable.

WePerform accompagne-t-il les micro-entrepreneurs ?

Oui. WePerform accompagne les indépendants et les PME dans l’optimisation de leurs achats, y compris le sourcing véhicule. Nous vous donnons accès aux conditions négociées habituellement réservées aux grands comptes : tarifs constructeurs, conditions de leasing, choix du bon véhicule selon votre activité. Que vous soyez micro-entrepreneur ou dirigeant de PME, notre objectif est de vous faire économiser sur chaque achat professionnel.

Sources officielles